Alimentation des Phytophages (brouteur d’algue) des grands lacs Africains

Aufwuchs est un terme allemand, qui signifie littéralement “croissance de surface” ou “prolifération” et qui est également utilisé dans d’autres langues pour indiquer la couche d’algues de surface qui, dans les milieux aquatiques, a tendance à recouvrir les substrats durs, tels que les roches ou le bois, et la collection de petits animaux et de plantes qui adhèrent à ces surfaces. Dans les environnements marins et d’eau douce, les algues. En particulier les vertes, phytoplancton et les diatomées, sont l’élément dominant des Aufwuchs. Les petits crustacés, rotifères et protozoaires sont également couramment trouvés dans les eaux douces et marines, mais les larves d’insectes, d’oligochètes et de tardigrades sont propres à l’eau douce. De nombreux animaux aquatiques se nourrissent d’Aufwuchs: Les cichlidés phytophages du lac Tanganyika et les Mbuna du lac Malawi sont des exemples particulièrement connus de poissons qui se sont adaptés pour s’en nourrir. Ils ont développé des dents en forme de grattoir, qui leur permettent de “gratter” l’Aufwuchs des roches. Quelques proies rares ou insaisissables sont ingérées de manière totalement opportuniste par tous les mangeurs d’Aufwuchs, cela restant rare et donc pas pris en compte dans les analyses.

Composition de l’ Aufwuchs:
Algue: chlorophyta (dominée par Cladophora sp.); diaroms et autres unice/lular, Chrysophyta (Diatomées, principalement Pennales); Chlorophyra (Pediastrum sp.), Cyanophytes (Gloeotrichia sp.), phytoplancton, zooplancton, crustacés (ostracodes, copépodes et cladocères), détritus, sédimentation (terre, argile, sable).
Détritus: matière organique sédimentant, formant un fine couche sur les algues épilithiques.

Lorsqu’on analyse le contenu stomacale des brouteurs mangeurs d’Aufwuchs nous retrouvons beaucoup de détritus (sable, terre/argile), déchets venant des sédimentations.
Le taux de protéines de l’Aufwuchs est extrêmement bas (au alentour de 10 à 20%) et pourtant les poissons sauvages sont souvent assez gros et gras. Leurs tractus intestinal à besoin d’être alimenté en permanence, c’est pourquoi il faut nourrir souvent mais en petite quantité, ils passent 70 à 80% de leurs temps à brouter.
Exemple: le contenus stomacale chez Tropheus moorii: Algues filamenteuse épilithes 35%, 38% de détritus et 25% de sable recouvrant les algues épilithiques. Noter la proportion importante de sable dans le contenue stomacale.
L’espèce dominante parmi les algues filamenteuses: Cladophora sp. chlorophyta. De petites portions de diatomées et d’autres microalgues ont également été identifiées.

Problème alarmant:
Des études scientifiques montre que la longueur intestinale des poissons domestiques élevés en aquariums, est significativement inférieure à celle des individus sauvages d’environ 30%, une différence frappante qui affecte directement les premières génération (F1).
Cette modification intervient directement des compositions des aliments industriels, et va jouer un rôle important dans la surproduction d’enzymes digestive. Ses enzymes sont incapable de traiter ou de digérer: Les céréales avec l’amidon qui sert de liant pour les nourriture industrielles, la spiruline, les crustacés, les viandes et poissons enfin vous l’avez compris, la part carnée des aliments.
Dame nature est stricte. Les carnivores n’ont pas d’enzymes digestive à la différence des herbivores/algivores qui ont développé une relation symbiotique avec une population de microflore qui habite l’intestin pour aider à la fermentation de la cellulose des végétaux. Nous forçons donc la nature en faisant de nos brouteurs des omnivores.

Cause direct:
Sur le plan physiologique, les activités des enzymes digestives sont déclenchées par la composition de l’alimentation.
L’augmentation des activités de ses trois enzymes digestives sont rapportées : amylase, trypsine et laminarinase.
l’alimentation industrielle en cause: le blé, mais, amidon, farine de déchets de poissons, taux élevés de spiruline (au delà des 10%), font monter les taux de laminarinase qui provoque une modification des organes internes et une réduction du tractus intestinal de l’ordre de 30%. Ce qui est absolument énorme et complètement aberrant.

La Spiruline bon ou mauvais :

La Spiruline fait l’objet de controverse en raison des études scientifiques portant sur le sujet. Selon toute vraisemblance,
les vitamines qu’elle contient sont majoritairement inactive et non biodisponible. Elle serait donc totalement inutile.
Explications: Comme le démontre l’ANSES, les sources de vitamine qu’elle contient (notamment la B12 importante) n’est pas assimilable. Celle-ci se base sur les résultats d’études scientifiques qui montrent que la spiruline possède des analogues de la cobalamine. Il s’agit de la cyanocobamide et la méthylcobalamine. Ces analogues ne sont pas assimilables par l’organisme des animaux ou même des êtres humains.
Sont taux de protéines élevé (60 à 70%), en fait qu’elle est à proscrire pour nos brouteurs ou alors en très faible quantité de l’ordre de 2 à 6% maximum. Un taux de protéines élevés entraine une destruction des reins chez les Phytophages.
A l’inverse les algues marines: Kelp, Varech, qui est parfaitement assimilé par les phytophages et leurs vitamines sont tous totalement biodisponible.
Nos phytophages à l’état sauvages sont gras, vif et coloré naturellement et pourtant ils n’ingèrent pas un seul gramme de spiruline. Donc pourquoi en donner à vos poissons…

Notre conseil concernant l’alimentation des Phytophages:

Notre plus grand conseil est d’éviter les aliments riches destinés aux cichlidés carnivores et d’offrir un régimes spécifiques aux Tropheus, Mbuna, avec notamment beaucoup d’algues. La nourriture que vous devez choisir pour vos brouteurs, doit contenir le moins de protéines animales possible avec un taux de protéine au alentour des 20 à 30% maximum et couler rapidement afin de limiter l’absorption d’air en surface.
Les flocons sont quand à eux à bannir (processus de cuisson haute température (+ de 140°), les vitamines sont détruite à partir de 80°. Les paillettes sont encore sur le marché aujourd’hui en raison du faible coût de production et par conséquent très rentable, utilisés surtout pour l’alimentation des poissons à faible valeur commerciale (pour faire simple les poissons rouges ou les Guppy). Dans la nature, les troubles de la vessie natatoire ou Bloat sont casi inexistant, à la différence de leurs congénères en aquarium. Les granulés coulant rapidement sont parfait et permet à vos poissons de se nourrir plus “naturellement”. Cela élimine également tout problème d’aspiration excessif d’air en surface ce qui a pour effet d’accentuer
les problèmes de vessie natatoire ou de Bloat. L’Iode du Varech ou du Krill contribue à la production d’hormones thyroïdiennes et à une fonction thyroïdienne saine. La nourriture est un point essentiel, il convient donc de ne pas mélanger les espèces ayant un régime différent, d’apporter l’alimentation en fonction des besoins spécifiques de chaque espèces et de les nourrir plusieurs fois par jour mais toujours en faible quantité.

Claude VAST (biologiste, fondateur FFA) et Robert ALLGAYER (Ichtyologiste, Vice-Président de la FFA, Fondateur de l’AFC) 2011, nous met en garde sur les paillettes / flocons : “Les vitamines contenus dans un aliment en paillettes sont lessivées dans les secondes qui suivent l’introduction dans l’aquarium. Ces vitamines sont alors perdues pour les poissons. La forme de l’aliment est essentielle car plus la surface est petite par rapport au volume et plus les vitamines hydrosolubles sont protégées du lessivage de l’eau.

Des aliments spécialement conçu pour eux, permettent aux Phytophages de se nourrir de façon plus naturelle.

Ci-dessous quelques exemples de nourritures biologiquement adaptée:

Vous pouvez aussi fabriquer vos propre pâté maison à condition d’y mettre une majorité d’algues.

Ou faire votre propre distributeur d’algues (voir photo ci-dessous), avec des algues marines séchées

(ex: algues Aquarium Systems)